Le talk “The AI Dilemma” de Tristan Harris martèle une idée simple : la vitesse dépasse notre capacité à encadrer. En clair, l’IA avance plus vite que nos règles. Pour une entreprise, c’est une mauvaise nouvelle… et une opportunité : celles qui mettent des garde‑fous maintenant auront un avantage durable.
Ce que dit Tristan Harris (et pourquoi ça concerne votre business)
Dans The AI Dilemma, Harris insiste sur l’effet d’échelle : les systèmes deviennent puissants, diffusent vite, et leurs effets secondaires arrivent avant que les organisations aient le temps d’apprendre. C’est la version technologique d’un défaut classique en entreprise : la croissance sans gouvernance.
Sa thèse n’est pas “stoppez l’IA”. Elle est “ralentissez pour encadrer”. En entreprise, cela se traduit par une question très concrète : qui décide des usages, qui valide la qualité, et qui assume la responsabilité ?
Un exemple industriel pour comprendre l’enjeu
Dans l’industrie, l’introduction d’un outil ultra‑innovant (robotique, automatisation, contrôle temps réel) ne se fait jamais “au doigt mouillé”. Sans formation, sans procédures et sans supervision, on va droit vers l’accident. L’outil est puissant, mais il amplifie la moindre erreur humaine.
Avec l’IA, c’est la même logique, sauf que l’interface paraît “simple” : un chat, un agent, une réponse. Cette facilité masque la complexité réelle. Sans règles, l’entreprise se retrouve avec des décisions opaques, des contenus non vérifiés et une perte de traçabilité. Dans un contexte industriel, ce serait un incident. En IA, c’est une dette invisible… jusqu’au jour où elle explose.
Le vrai risque B2B : l’IA sans pilote
Sans gouvernance, l’IA devient un outil de vitesse sans contrôle. Les équipes adoptent chacune leur solution, les décisions reposent sur des synthèses non vérifiées, et l’entreprise perd la traçabilité. Ce n’est pas un sujet “technique”. C’est un risque stratégique.
Notre position : la gouvernance précède la performance
L’IA peut accélérer la croissance. Mais sans règles, elle accélère aussi les erreurs. C’est pourquoi nous posons d’abord trois garde‑fous :
- Un cadre d’usage clair (qui peut utiliser quoi, et dans quels cas).
- Une validation humaine obligatoire sur les livrables critiques.
- Une mesure de qualité avant la mesure de vitesse.
Conclusion
The AI Dilemma n’est pas un appel à la peur. C’est un rappel : ce qui fait la différence n’est pas l’outil, mais la manière de l’utiliser. Les entreprises qui instaurent des garde‑fous aujourd’hui seront celles qui avanceront sans se crasher demain.